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Profession libérale : comment sont imposés vos revenus (BNC) en 2026 ?

L'essentiel en 30 secondes

  • BNC signifie « bénéfices non commerciaux ». Ce n’est pas un statut d’entreprise, mais la catégorie d’impôt dans laquelle sont classés les revenus des professions libérales.
  • Elle concerne notamment les médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, avocats, architectes, consultants, formateurs ou graphistes qui exercent en leur nom propre.
  • Deux façons de calculer le bénéfice : le micro-BNC (forfaitaire, jusqu’à 83 600 € de recettes en 2026) ou la déclaration contrôlée (sur vos dépenses réelles).
  • Le bénéfice s’ajoute à vos autres revenus et il est taxé à votre impôt sur le revenu.
  • En société à l’impôt sur les sociétés, la logique des BNC ne s’applique plus de la même façon.

Que veut dire BNC ?

L’impôt sur le revenu classe les revenus en grandes familles : salaires, revenus fonciers, bénéfices des commerçants et artisans, bénéfices agricoles… Les bénéfices non commerciaux regroupent les revenus des activités libérales, c’est-à-dire les métiers intellectuels ou de service exercés de façon indépendante.

On y trouve deux grandes familles :

  • les professions libérales réglementées, encadrées par un ordre professionnel : médecins, chirurgiens-dentistes, infirmiers, kinésithérapeutes, avocats, notaires, architectes, experts-comptables, vétérinaires… ;
  • les professions libérales non réglementées : consultants, formateurs, coachs, graphistes, développeurs indépendants…

Les BNC concernent les professionnels qui exercent en entreprise individuelle (y compris en micro-entreprise), mais aussi certaines sociétés imposées directement chez leurs associés.

Option 1 : le micro-BNC

Le micro-BNC est le mode de calcul le plus simple. Il s’applique automatiquement si vos recettes (les sommes encaissées) ne dépassent pas 83 600 € par an en 2026. Il faut dépasser ce plafond deux années de suite pour en sortir.

L’administration retire automatiquement 34 % de vos recettes pour tenir compte de vos frais (on parle d’abattement), avec un minimum de 305 €. Les 66 % restants s’ajoutent à vos autres revenus pour le calcul de l’impôt.

Exemple : une consultante encaisse 60 000 € dans l’année.

  • En micro-BNC, le montant retenu pour l’impôt est de 60 000 € − 34 % = 39 600 €.
  • Si ses vraies dépenses ne sont que de 8 000 €, c’est avantageux : son vrai bénéfice est de 52 000 €.
  • Si ses dépenses atteignent 25 000 € (local, déplacements, matériel, logiciels), son vrai bénéfice n’est plus que de 35 000 € : la déclaration contrôlée devient plus intéressante.

Le micro-BNC est souvent associé au régime social de la micro-entreprise, où les cotisations sont un pourcentage des recettes (environ un quart pour les professions libérales en 2026). Attention : certaines professions réglementées, notamment de santé, relèvent du micro-BNC pour l’impôt sans être micro-entrepreneurs pour leurs cotisations.

Option 2 : la déclaration contrôlée

La déclaration contrôlée calcule votre bénéfice sur le réel : recettes encaissées moins dépenses professionnelles réellement payées. Elle est obligatoire au-delà de 83 600 € de recettes, et peut être choisie volontairement en dessous.

Ses avantages :

  • toutes vos dépenses professionnelles sont déduites : loyer du cabinet, matériel, véhicule, formations, assurances, cotisations sociales, frais de déplacement ;
  • le matériel important est déduit sur plusieurs années, selon sa durée d’utilisation ;
  • un déficit éventuel peut, sous conditions, réduire vos autres revenus imposables.

Côté obligations, la comptabilité reste plus légère que celle d’une entreprise commerciale : elle est centrée sur les sommes encaissées et payées. Vous tenez un registre des recettes et des dépenses, un registre du matériel, et vous déposez chaque année une déclaration spécifique (le formulaire n° 2035).

Quelles cotisations sociales ?

Un professionnel libéral en nom propre est travailleur indépendant. Ses cotisations sociales (santé, retraite, etc.) sont calculées sur son bénéfice. Pour la retraite, beaucoup de professions réglementées cotisent auprès d’une caisse propre à leur métier (médecins, infirmiers, avocats, architectes…). Les professions non réglementées dépendent en général de l’Urssaf, l’organisme qui collecte les cotisations sociales.

Comme tout indépendant, le libéral n’a pas droit au chômage et doit souvent prévoir une assurance complémentaire en cas d’arrêt de travail.

Et la TVA ?

Beaucoup d’activités de santé sont exonérées de TVA (la taxe ajoutée au prix de vente) : médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, pour leurs actes de soins. Les autres professions libérales en sont dispensées tant que leurs recettes restent sous 37 500 € en 2026 (50 000 € pour les avocats). Au-delà, elles doivent facturer la TVA.

Quand passer en société ?

Exercer en nom propre aux BNC convient très bien à de nombreux libéraux. Une société devient souvent intéressante quand les revenus augmentent fortement, quand on veut s’associer, racheter une patientèle ou une clientèle, ou séparer plus nettement son patrimoine personnel :

  • pour les professions réglementées : les sociétés d’exercice libéral, comme la SELARL, la SELEURL, la SELAS ou la SELASU ;
  • pour partager des locaux ou du matériel sans exercer ensemble : la SCM ;
  • pour les professions non réglementées : l’EURL ou la SASU.

Les questions à vous poser chaque année

  • Mes dépenses ont-elles dépassé un tiers de mes recettes ? Si oui, comparez avec la déclaration contrôlée.
  • Mes recettes approchent-elles 83 600 € ? Anticipez le passage obligatoire à la déclaration contrôlée.
  • Mon activité est-elle exonérée de TVA ? Sinon, surveillez le seuil de 37 500 € (50 000 € pour les avocats).
  • Ai-je un gros investissement en vue ? Achat de matériel, rachat de clientèle, travaux : le choix du régime et du statut change le coût réel.
  • Mes revenus ont-ils fortement augmenté ? Le passage en société mérite peut-être d’être étudié.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Rester en micro-BNC par habitude alors que les dépenses dépassent 34 % des recettes.
  • Oublier des dépenses déductibles en déclaration contrôlée (véhicule, formation, part du domicile utilisée pour le travail).
  • Dépasser le seuil de TVA sans s’en rendre compte, pour les activités non exonérées.
  • Sous-estimer les cotisations de régularisation des premières années.

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Micro-BNC, déclaration contrôlée ou société ?

Un conseiller Adheo compare les options avec vos propres chiffres.

Quelle différence entre une SCM et une SELARL ?

La SCM partage seulement les frais : chaque professionnel garde ses honoraires. Dans une SELARL, les professionnels exercent ensemble et partagent les recettes.

Les associés d’une SCM sont-ils responsables des dettes ?

Oui, en proportion de leurs parts, sur leurs biens personnels, si la SCM ne peut pas payer elle-même.

Une SCM doit-elle facturer la TVA à ses associés ?

Elle peut en être exonérée lorsque ses associés exercent une activité exonérée de TVA, comme la plupart des professions de santé, à condition de leur refacturer exactement leur part des dépenses.

Une SCM paie-t-elle des impôts ?

Elle ne paie pas d’impôt sur les bénéfices, puisqu’elle n’est pas censée en faire. Un éventuel résultat est imposé chez chaque associé, selon sa part.

Combien faut-il d’associés pour créer une SCM ?

Au moins deux. Il n’y a pas de capital minimum.

À quoi sert une SCM ?

À partager des moyens entre professionnels libéraux : locaux, matériel, secrétariat. Elle n’exerce pas le métier : chaque associé garde sa clientèle et ses honoraires.

Les informations de cet article correspondent aux règles en vigueur au 13 octobre 2026. Elles sont données à titre général et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation.

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