« Une fois de plus, l’activité économique mondiale a fait preuve de résilience », rappelle le FMI en introduction de son dernier rapport sur les perspectives de l’économie mondiale. La croissance mondiale a mieux résisté que prévu lors du 1er semestre 2026 et devrait ainsi atteindre 3,1 % en 2026 et 3,4 % en 2027. Cette résistance s’explique par l’ampleur des investissements réalisés dans l’IA qui sont venus doper l’économie à l’échelle de la planète, mais aussi par le déploiement de mesures destinées à contrer les difficultés d’accès aux hydrocarbures (utilisation des stocks stratégiques, gains d’efficacité énergétique, mesures budgétaires…).
Des gagnants et des perdants
Derrière cette moyenne se cachent des disparités. Le rapport évoque même une économie mondiale à deux vitesses. Dans le camp des gagnants, on retrouve les pays fortement intégrés dans les chaînes de valeur des entreprises de la Tech, principalement celles de l’IA (États-Unis, Chine, Taïwan, Corée du Sud), mais aussi ceux qui sont exportateurs nets d’énergie et qui ne sont pas situés dans les zones de conflit (États-Unis, Canada, Norvège…). Une situation qui devrait permettre aux États-Unis d’atteindre 2,3 % de croissance de leur PIB en 2026 et 2027. Le meilleur résultat des pays dits « avancés ».
Les pays perdants étant ceux qui sont contraints d’importer leur énergie et qui sont peu ou pas intégrés dans les chaînes de valeurs technologiques. La plupart des pays de la zone euro, dont la croissance attendue ne dépasse pas 1,1 % en 2026 et 1,2 % en 2027, en font partie. La France, très affaiblie par son instabilité politique, tire l’Europe vers le bas avec des prévisions de croissance inférieures à 1 % (0,4 % en 2026 et 0,7 % en 2027).
Un risque de décrochage
Si l’économie mondiale a bien résisté jusqu’à présent, le FMI rappelle que les mesures d’ajustement déployées par les États importateurs d’énergie ne pourront pas être maintenues durablement. Dans l’hypothèse où les blocages provoqués par le conflit au Moyen-Orient viendraient à perdurer, ces pays verraient leur croissance fortement ralentir et décrocher, encore davantage, par rapport aux pays producteurs d’énergie.











