L’artisanat du bâtiment persiste dans sa trajectoire de repli. Au 2e trimestre 2026, le volume d’activité des entreprises artisanales du bâtiment baisse de 1,5 % en glissement annuel, comme au trimestre précédent, selon la note de conjoncture de la CAPEB, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment. Les carnets de commandes plafonnent toujours à 80 jours de travail en moyenne, limitant la visibilité. Ils fléchissent légèrement pour les structures de moins de 10 salariés (77 jours). Après 13 trimestres consécutifs de baisse, la confédération écarte désormais l’hypothèse d’une stabilisation pour 2026.
Une activité contrastée
Cette tendance globale masque des évolutions contrastées. Dans la construction neuve, la baisse s’atténue à -1,5 %, après -2,5 % au trimestre précédent, portée par des autorisations de logements en hausse de 14,7 % et des mises en chantier en progression de 18,8 % à fin mai 2026, bien que ces volumes restent sous leur moyenne quinquennale. À l’inverse, l’entretien-amélioration se dégrade de nouveau à -1,5 %, après -1 % au 1er trimestre. En revanche, la rénovation énergétique sort la tête de l’eau en affichant une stabilisation après 6 trimestres consécutifs de baisse.
Situation financière et emploi sous pression
La situation financière des entreprises continue de se tendre. Le solde d’opinion des chefs d’entreprise sur l’état de leur trésorerie tombe à -32 points après -18 au trimestre précédent, et 35 % des entreprises signalent une dégradation. Les besoins de financement concernent 26 % des structures, pour un montant moyen de 22 000 €, dans un contexte marqué par l’allongement des délais de paiement et les impayés. Les marges restent, elles aussi, sous pression, alors que les coûts progressent encore. La CAPEB alerte enfin sur l’emploi et la solidité du tissu entrepreneurial. L’emploi salarié recule de 2,2 % sur un an dans les entreprises artisanales et le nombre d’apprentis baisse d’environ 12 000 tandis que 3 619 défaillances ont été enregistrées au 2e trimestre. Dans ce contexte, l’organisation met en avant ses revendications sur la rénovation, la TVA à 5,5 %, la défense de MaPrimeRénov’, l’apprentissage et la simplification administrative, en vue de l’élection présidentielle de 2027.



