Depuis l’entrée en vigueur de la directive européenne NFRD de 2014 (remplacée depuis par la directive CSRD) et sa transposition en droit français, certaines entreprises sont tenues d’identifier et de mesurer les impacts de leurs activités sur la nature et sur les hommes dans le but de les réduire. Cette démarche de « responsabilité sociétale et environnementale » donne lieu, chaque année, à la publication d’informations extra-comptables en annexe de leur rapport de gestion. Pour le moment, seules les plus grandes structures sont soumises à cette obligation. Pour autant, on observe que de plus en plus d’entreprises entament, sans y être contraintes, une démarche RSE. Explications.
Éviter les crises…
Les entreprises sont des structures complexes. Leur fonctionnement est souvent le fruit d’un empilement de process que la force des habitudes, le manque de temps et la nécessité d’atteindre des résultats empêchent de revisiter régulièrement. Dans ces conditions, il devient difficile de détecter les « mauvaises pratiques » et leur effets néfastes sur la vie des collaborateurs, sur les rapports de l’entreprise avec les tiers et sur l’environnement. Or, ces dysfonctionnements du quotidien, s’ils ne sont pas corrigés, pourront déboucher sur une crise sérieuse (cas de harcèlement, pratiques discriminatoires, process industriel à l’origine d’une pollution…). Engager une démarche RSE permet d’identifier ces mauvaises pratiques et de les corriger au fil du temps.
… et améliorer ses pratiques
Mais engager cette démarche n’a pas pour seul objectif de réduire le risque d’affronter une crise. Cette approche permet aussi d’adopter des process plus vertueux d’un point de vue social, sociétal et environnemental et de le faire savoir. C’est le rôle de la « Déclaration de performance extra-financière », communément appelée « Rapport RSE ». Dans ce document, l’entreprise va communiquer sur sa raison d’être et ses valeurs, mesurer, grâce à des indicateurs, l’impact RSE de certaines de ses pratiques et mettre en lumière les politiques adoptées pour les corriger. Librement consultable, ce rapport permettra aux parties prenantes internes (collaborateurs, actionnaires…) et externes (clients, fournisseurs, collectivité…) de constater que l’entreprise s’inscrit dans une dynamique d’amélioration continue de ses pratiques. Une information qui, si elle est bien relayée, lui permettra d’être mieux perçue, d’abord par ses équipes (fidélisation des collaborateurs, mieux-être au travail…), mais aussi par l’extérieur (accès à des partenariats avec des grandes entreprises déjà inscrites dans une démarche RSE, recrutements facilités par une attractivité accrue…). Autant de retombées positives qui incitent de plus en plus d’entreprises à se lancer dans la RSE sans y être obligées !
Comment procéder ?
Initier une démarche RSE ne s’improvise pas. Il est d’ailleurs fortement conseillé de se faire accompagner par des spécialistes. En termes de méthodologie, quelques grandes étapes doivent être respectées.
Définir ses objectifs
Adopter une démarche RSE, c’est se lancer dans une approche de développement durable qui peut porter sur de nombreuses thématiques. La norme ISO 26000, qui s’intéresse à ce sujet, soulève, par exemple, 7 questions (gouvernance de la structure, respect des droits humains, conditions de travail, respect de l’environnement, loyauté des pratiques, respect du consommateur, rapport avec les communautés et développement local) qui constituent autant d’angles d’amélioration des pratiques de l’entreprise. Des angles d’amélioration qui devront être priorisés en fonction de l’activité de l’entreprise, de sa raison d’être, de ses valeurs et de son fonctionnement.
Lancer une phase de diagnostic
Une fois les grands thèmes identifiés, une phase de diagnostic sera initiée. Elle a pour but, au travers du prisme de ces grands thèmes, de dresser un état des lieux des pratiques de l’entreprise. Ce travail d’analyse devra être mené en impliquant les parties prenantes, notamment les collaborateurs de l’entreprise. Lors de cette phase de diagnostic, des indicateurs de performance devront être choisis. Leur objectif étant de permettre de mesurer les impacts des activités de l’entreprise (RH, environnement, transparence de la gouvernance…) de manière simple, reproductible et incontestable.
Définir un plan d’action
La phase de diagnostic va déboucher sur l’élaboration d’un plan d’actions. Il s’agit ici d’affiner les objectifs et de définir les actions à mener pour les remplir. Ce travail, même s’il est, dans un premier temps, initié par des professionnels extérieurs, devra être réalisé, à terme, par les collaborateurs. Rappelons que l’approche RSE est une démarche d’amélioration des pratiques internes. Les collaborateurs doivent se l’approprier. Il faut donc les impliquer dans sa mise en œuvre et les y aider en les formant (ateliers d’échanges, rédaction de fiches pratiques, séminaires…).
Faire vivre la démarche
Enfin, n’oublions pas que les résultats de cette démarche ne sont pas immédiats, mais apparaîtront au fil des années. Toute démarche RSE s’inscrit dans la durée, la persévérance est donc de mise ! Aussi est-il indispensable de désigner une ou plusieurs personnes en interne qui auront pour mission d’animer et de suivre ce processus d’amélioration continue.
5 raisons de se lancer dans la RSE
• Renforcer sa performance, sa compétitivité et accéder à de nouveaux marchés
• Réduire les litiges potentiels
• Favoriser la fidélisation de la clientèle
• Maintenir une réputation positive.



