Il y a un an, Fitch faisait passer la note souveraine de la France de AA à A+. Cette année, malgré la persistance des déficits, l’atonie économique et l’instabilité politique, aucune dégradation n’a été opérée par l’agence de notation. Notre pays s’est vu confirmer son A+ avec une perspective stable portée par une « économie vaste, diversifiée et à revenu élevé, un secteur bancaire solide et une base d’investisseurs diversifiée » justifie Fitch.
Des déficits persistants
Même si les fondamentaux économiques français restent solides, le niveau d’endettement et son évolution pénalisent notre pays. Fitch considère qu’il s’agit du principal critère qui l’avait conduit à dégrader sa note en 2025 et à ne pas la réévaluer en 2026. L’agence souligne ici que si le déficit, en passant de 5,8 % en 2024 à 5,2 % en 2025, s’est réduit, « aucune amélioration supplémentaire n’est attendue, avec des déficits prévus à 5,2 % du PIB en 2026, 5,5 % en 2027 et 5,2 % en 2028 ».
Fitch table ainsi sur une dette publique qui pourrait atteindre 122,7 % du PIB en 2028, contre 117,5 % aujourd’hui. Une révision à la baisse (par rapport à ses estimations de mars dernier) que l’agence explique par une croissance plus faible qu’espérée, des déficits plus importants, un soutien inflationniste trop modéré mais aussi des charges d’intérêts de plus en plus élevées. Pour rappel, la France emprunte aux taux les plus élevés d’Europe. Le 28 août, le taux à 10 ans a dépassé 4 %. Un niveau inégalé depuis la crise financière de 2008. Ces charges d’intérêt devraient représenter entre 0,2 et 0,3 point de PIB chaque année au moins jusqu’en 2028.



