Un décrochage généralisé en pleine rentrée
Le marché de l’habillement vient de connaître son plus mauvais mois depuis 5 ans. D’après le Panel Retail Int. de l’Alliance du Commerce, les enseignes du secteur ont vu leur chiffre d’affaires en magasin chuter de près de 18 % en septembre 2026 par rapport à septembre 2025. Tous les segments sont touchés, à commencer par l’habillement grand public, en repli de 20 %. Le marché de l’enfant, pourtant stratégique puisque la rentrée scolaire représente 14 % de ses ventes annuelles, recule de 27 %. Sur les 9 premiers mois de l’année, le cumul des ventes en magasin affiche désormais un repli de près de 5 % par rapport à la même période un an plus tôt.
Météo et inflation, double peine pour les commerçants
Deux facteurs expliquent cette contre-performance. D’abord, des conditions climatiques exceptionnelles : septembre 2026 se classe au 2e rang des mois de septembre les plus chauds depuis 1900, avec très peu de précipitations. Conséquence directe sur les achats saisonniers, les ventes de « grosses pièces » femme, comme les manteaux, chutent de 45 %. Ensuite, l’inflation, portée par une hausse de 21 % des prix de l’énergie sur un an, comprime le pouvoir d’achat et limite les déplacements vers les commerces les plus éloignés.
Aucun format de vente épargné
La contraction touche tous les emplacements. Les zones commerciales et retail parks, qui supposent un déplacement en voiture, sont les plus pénalisées (-23 % en septembre), devant les centres commerciaux de périphérie (-17 %) et de centre-ville (-14 %). Les commerces de rue (-11 %) et les outlets (-12 %) ne sont pas épargnés. La fréquentation en magasin recule de 13 % sur le mois et de près de 4 % depuis janvier. Le canal digital n’échappe pas à la tendance, avec des ventes en ligne en baisse de 16 % en septembre.
L’Alliance du Commerce alerte le gouvernement
Pour Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce, ce signal d’alarme intervient alors que de nombreuses enseignes ont déjà réduit leurs investissements. Il appelle l’Exécutif à « une extrême vigilance », en excluant tout alourdissement du coût du travail, notamment via une réduction des allègements de cotisations sur les bas salaires, et en plaidant pour une protection du pouvoir d’achat des consommateurs face à la hausse des carburants. Selon lui, les 3 derniers mois de l’année seront « décisifs pour tout le secteur ».



