Guide des statuts d'entreprise

EURL : définition, fonctionnement et rémunération du gérant en 2026

L'essentiel en 30 secondes

  • L’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une société créée par une seule personne. C’est la version à associé unique de la SARL.
  • Vos biens personnels sont séparés de ceux de l’entreprise : vous ne risquez en principe que ce que vous avez apporté.
  • Le dirigeant, appelé gérant, a le statut d’indépendant lorsqu’il est aussi l’associé : ses cotisations sont plus faibles qu’en SASU, sa protection aussi.
  • Par défaut, le bénéfice est taxé directement à votre impôt sur le revenu. Vous pouvez choisir l’impôt sur les sociétés à la place.
  • Si vous optez pour l’impôt sur les sociétés, une partie de vos dividendes peut supporter des cotisations sociales.

Qu’est-ce qu’une EURL ?

L’EURL est une société qui n’a qu’un seul associé, c’est-à-dire un seul propriétaire. Elle fonctionne comme une SARL, avec les mêmes règles, mais simplifiées. Si vous accueillez un jour un second associé, elle devient automatiquement une SARL, sans créer de nouvelle société.

La société a sa propre existence juridique : son compte bancaire, ses contrats, ses impôts. Votre patrimoine personnel reste à part.

Le capital (l’argent ou les biens apportés à la création) peut être d’1 € minimum. Le dirigeant s’appelle le gérant. Dans la plupart des cas, c’est l’associé unique lui-même ; il peut aussi s’agir d’une personne extérieure.

Comment créer une EURL ?

  1. Rédiger les statuts, le document qui fixe les règles de la société (nom, activité, adresse, capital, gérant). Le cadre est plus encadré qu’en SASU, donc plus simple.
  2. Déposer le capital sur un compte bloqué au nom de la société en formation.
  3. Publier un avis de création dans un journal d’annonces légales.
  4. Déclarer la société en ligne sur le guichet unique officiel, puis recevoir l’extrait d’immatriculation (le « Kbis »).

Quel statut social pour le gérant ?

Lorsque le gérant est aussi l’associé unique, il est considéré comme travailleur indépendant. Concrètement :

  • ses cotisations sociales (les sommes qui financent santé, retraite, etc.) représentent, en ordre de grandeur, 40 à 45 % de son revenu, soit nettement moins que pour un président de SASU ;
  • sa protection est plus limitée : retraite moins élevée, indemnités plus faibles en cas d’arrêt maladie ;
  • il n’a pas droit au chômage ;
  • il paie des cotisations minimales même les années où il ne gagne rien.

Si le gérant est une personne extérieure, salariée par la société, il dépend en revanche du régime des salariés.

Bon à savoir : l’ACRE, une aide qui réduit une partie des cotisations la première année, n’est plus automatique depuis le 1er janvier 2026 : il faut la demander, et ses conditions sont plus strictes.

Quels impôts paie une EURL ?

Par défaut : l’impôt sur le revenu

Lorsque l’associé unique est une personne, l’EURL ne paie pas elle-même d’impôt sur ses bénéfices : le bénéfice s’ajoute à vos autres revenus et il est taxé à votre impôt sur le revenu, comme un salaire. C’est simple, et souvent intéressant quand le bénéfice est modeste. En revanche, vous êtes taxé sur tout le bénéfice, même si vous le laissez dans l’entreprise.

Sur option : l’impôt sur les sociétés

Vous pouvez choisir que l’EURL paie l’impôt sur les sociétés : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà (sous conditions). Vous êtes alors imposé seulement sur ce que vous vous versez. Ce choix devient souvent avantageux quand le bénéfice augmente ou quand vous voulez garder de l’argent dans l’entreprise pour investir.

Dans les deux cas, l’EURL collecte la TVA (la taxe ajoutée au prix de vente) et paie la cotisation foncière des entreprises, un impôt local.

Comment se rémunère le gérant ?

Si l’EURL est à l’impôt sur le revenu, la question est simple : cotisations et impôt sont calculés sur l’ensemble du bénéfice, que vous le preniez ou que vous le laissiez dans l’entreprise.

Si l’EURL est à l’impôt sur les sociétés, le gérant peut se verser une rémunération, sur laquelle il paie ses cotisations d’indépendant. Dans ce cas, il peut aussi se verser des dividendes, c’est-à-dire une part des bénéfices restants après l’impôt.

Attention, c’est une particularité importante : la partie des dividendes qui dépasse 10 % du capital (augmenté de certaines sommes laissées dans la société) est soumise aux cotisations sociales, comme une rémunération. Le reste est taxé à 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux). Avec un petit capital, les dividendes perdent donc une grande partie de leur intérêt.

Exemple simple : une EURL au capital de 1 000 € verse 20 000 € de dividendes à son gérant.

  • La part « normale » est de 10 % du capital, soit 100 € : elle est taxée à 31,4 %.
  • Les 19 900 € restants supportent les cotisations sociales d’indépendant, en plus de l’impôt.

En SASU, les mêmes dividendes ne supporteraient aucune cotisation sociale. C’est l’une des principales différences entre les deux statuts.

Avantages et inconvénients de l’EURL

Avantages Inconvénients
Biens personnels protégés Protection sociale du gérant plus limitée
Cotisations sociales plus faibles qu’en SASU Cotisations minimales même sans revenu
Choix entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés Dividendes soumis en partie aux cotisations
Cadre légal simple et rassurant Moins de souplesse qu’une SASU
Transformation facile en SARL Comptabilité complète et bilan annuel obligatoires

EURL ou SASU : que choisir ?

La SASU est l’autre grande société à associé unique. En EURL, on cotise moins pour un même revenu, mais on est moins bien protégé, et les dividendes supportent en partie des cotisations. En SASU, c’est l’inverse : on cotise plus, on est mieux protégé, et les dividendes échappent aux cotisations. L’EURL convient souvent à ceux qui veulent limiter leurs charges dès les premiers euros gagnés ; la SASU, à ceux qui privilégient leur protection ou une rémunération en dividendes.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Prévoir des dividendes sans tenir compte des cotisations au-delà de 10 % du capital.
  • Rester à l’impôt sur le revenu par habitude alors que le bénéfice a beaucoup augmenté.
  • Oublier les cotisations minimales dans son prévisionnel de la première année.
  • Mélanger compte personnel et compte de l’entreprise.

Comment Adheo vous accompagne dans votre projet d’EURL

Depuis 50 ans, Adheo accompagne les chefs d’entreprise du Grand Est. Pour votre EURL, nous vous aidons à :

Vous hésitez entre l'EURL et la SASU ?

Un conseiller Adheo compare les deux avec vos propres chiffres.

Une SCI peut-elle louer des locaux à ma propre entreprise ?

Oui, c’est un usage très courant : la SCI détient les murs et les loue à votre société, avec un vrai bail et un loyer conforme au marché.

Les associés d’une SCI sont-ils responsables des dettes ?

Oui, en proportion de leurs parts, si la SCI ne peut pas payer elle-même. Leurs biens personnels ne sont donc pas totalement protégés.

SCI à l’impôt sur le revenu ou à l’impôt sur les sociétés ?

L’impôt sur le revenu convient souvent pour garder un bien longtemps et le transmettre. L’impôt sur les sociétés réduit l’impôt pendant la détention, mais taxe plus fortement la revente. Ce choix ne peut être annulé que pendant les 5 premières années.

Une SCI peut-elle louer en meublé ?

Une location meublée occasionnelle est possible, mais si elle devient habituelle, l’activité est considérée comme commerciale et la SCI risque d’être soumise à l’impôt sur les sociétés.

Faut-il un capital minimum pour une SCI ?

Non. Le capital est fixé librement par les associés, en argent ou en biens.

Combien faut-il d’associés pour créer une SCI ?

Au moins deux. Il n’y a pas de nombre maximum, et les associés peuvent être des personnes ou des sociétés.

Les informations de cet article correspondent aux règles en vigueur au 13 octobre 2026. Elles sont données à titre général et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation.

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