Face aux difficultés persistantes du secteur, marquées par un rythme de 25 fermetures quotidiennes et un chiffre d’affaires en recul de 6,5 % sur un an pour la restauration traditionnelle au 2e trimestre 2026 (95 départements sur 98 concernés), l’Umih et l’Ordre des experts-comptables s’associent pour créer le 1er Observatoire économique de la restauration. Cet outil pérenne se distingue par son approche : il repose sur des données comptables réelles et des déclarations de TVA, remplaçant ainsi les simples ressentis par des faits objectifs. Le dispositif analyse la situation financière de près de 180 000 entreprises (rentabilité, endettement, investissement) à une échelle à la fois nationale et départementale. Conçu comme un outil d’aide à la décision, cet observatoire fournira chaque mois aux représentants départementaux de l’Umih des indicateurs précis pour objectiver le dialogue avec les pouvoirs publics, les préfets et les collectivités locales.
Une rentabilité qui décroche plus vite que l’activité
Les chiffres de ce 1er Observatoire confirment le diagnostic des professionnels : si l’activité s’est globalement tassée en 2025 après une année 2024 plus porteuse, la rentabilité s’effondre. En restauration traditionnelle, l’excédent brut d’exploitation (EBE) recule de 4,2 % (à 46 675 €) et le résultat net moyen chute de 11,8 % (à 24 651 €). La restauration rapide subit la même décélération, avec un EBE en repli de 2,6 % (à 60 647 €). Derrière ces moyennes, la situation s’avère critique pour une large partie du parc. Dans les deux segments, le premier quartile du résultat net plonge en territoire négatif (-2 245 € en traditionnel, -1 847 € en rapide) : au moins 25 % des entreprises sont aujourd’hui déficitaires. Un effet ciseau direct, alimenté par les coûts de l’énergie, des matières premières et du travail, qui pèse lourdement sur les marges. Une pression telle que Thierry Marx alerte sur le risque d’un recul qualitatif et d’une industrialisation croissante de la cuisine au détriment du « fait maison ».
Poursuite du désendettement
Autre enseignement comptable, le désendettement se confirme : les dettes moyennes reculent d’environ 7,5 % à 8 % selon les secteurs, et près de 70 % des entreprises réduisent leurs encours. Pour autant, cette consolidation des bilans ne suffit pas à lever les freins. L’érosion des marges et la faiblesse de la rentabilité réduisent d’autant les capacités d’autofinancement et les marges de manœuvre des exploitants pour investir ou moderniser leurs établissements, laissant une large part du secteur en position d’attente face aux incertitudes économiques.



