La recherche et développement, souvent appelée R&D, est encore trop souvent associée aux grandes entreprises, aux laboratoires ou aux centres techniques. Pourtant, les agriculteurs peuvent eux aussi jouer un rôle central dans cette démarche, en intégrant l’innovation directement au cœur de leur exploitation.
Un agriculteur peut faire de la R&D agricole en adoptant une approche à la fois expérimentale, mesurable et innovante dans ses pratiques quotidiennes.
Comment un agriculteur peut-il faire de la R&D sur son exploitation ?
La première étape consiste à tester de nouvelles techniques culturales ou de nouvelles variétés de plantes directement sur les parcelles. En observant les résultats obtenus, l’agriculteur collecte des données utiles sur la croissance, la résistance aux maladies, le rendement ou encore l’impact environnemental.
Bon à savoir : une expérimentation menée directement sur l’exploitation permet d’adapter les pratiques agricoles aux conditions locales : sol, climat, disponibilité en eau, pression sanitaire ou contraintes économiques.
Cette démarche expérimentale permet de construire des solutions plus adaptées que des modèles standardisés. Elle favorise une agriculture de précision, mieux connectée aux réalités du terrain.
Collaborer avec des acteurs de la recherche et de l’innovation
L’agriculteur peut également s’inscrire dans une dynamique collective en collaborant avec des instituts de recherche, des coopératives agricoles, des entreprises agroalimentaires ou des structures spécialisées dans l’innovation.
Ces partenariats facilitent le transfert de connaissances et l’accès à des outils innovants, comme les technologies de précision, les biotechnologies, les solutions numériques ou les méthodes issues de l’agroécologie.
En participant à des projets collaboratifs, l’agriculteur contribue à la production de nouveaux savoirs tout en améliorant ses propres pratiques agricoles.
S’appuyer sur les réseaux professionnels agricoles
La R&D agricole ne repose pas uniquement sur la recherche académique. Les retours d’expérience entre exploitants constituent aussi une source importante d’innovation.
L’agriculteur peut ainsi s’appuyer sur des réseaux professionnels, des groupes d’échange ou des collectifs spécialisés, notamment des réseaux comme FARMR ou AGRINOV.
Bon à savoir : les échanges entre pairs permettent d’identifier plus rapidement les pratiques efficaces, les erreurs à éviter et les innovations réellement applicables sur le terrain.
Ce partage d’informations stimule la créativité, favorise l’adoption de solutions innovantes et permet de répondre plus efficacement aux enjeux économiques, environnementaux et sociaux de l’exploitation.
Une démarche au service d’une agriculture plus durable
La R&D menée par l’agriculteur contribue au développement d’une agriculture plus durable, plus résiliente et mieux préparée aux évolutions du climat comme aux fluctuations du marché.
En développant des techniques plus respectueuses de l’environnement, plus économes en intrants et mieux adaptées aux ressources disponibles, l’agriculteur participe activement à la transition agroécologique.
Expérimenter, collaborer, échanger et innover permet ainsi d’améliorer la productivité, la durabilité et la compétitivité de l’exploitation agricole.
Quels éléments pour financer un programme de recherche ?
Mettre en place un programme de recherche agricole nécessite souvent des moyens humains, techniques et financiers. Plusieurs leviers peuvent être mobilisés pour structurer et financer un projet de recherche et développement.
Disposer de compétences en interne
L’exploitant agricole dispose rarement, au sein de son effectif, des compétences scientifiques nécessaires pour mener seul un programme de R&D structuré.
Une solution peut consister à recruter un doctorant par l’intermédiaire d’un contrat CIFRE.
Bon à savoir : le contrat CIFRE, ou Convention Industrielle de Formation par la Recherche, permet de recruter un doctorant salarié qui travaille sur un projet de recherche en lien direct avec les besoins de l’entreprise.
Le contrat CIFRE présente un double intérêt. Pour l’entreprise agricole, il permet de bénéficier de l’expertise d’un doctorant afin de développer un projet de recherche stratégique, tout en profitant d’un soutien financier de l’État. Pour le doctorant, il offre l’opportunité de mener une thèse appliquée à des problématiques concrètes, en lien avec le monde socio-économique.
Ce dispositif favorise les passerelles entre la recherche publique et les acteurs économiques. Il contribue ainsi à stimuler l’innovation agricole tout en sécurisant une partie du financement pendant la durée du doctorat.
Trouver l’argent : les aides publiques
Les dispositifs d’aides publiques à l’innovation en France sont nombreux. Ils accompagnent les entreprises à différentes étapes de leurs projets : recherche, expérimentation, développement de prototypes, industrialisation ou mise sur le marché.
| Dispositif | Objectif principal |
|---|---|
| Crédit d’impôt recherche (CIR) | Déduire une partie des dépenses de R&D de l’impôt sur les sociétés |
| Crédit d’impôt innovation (CII) | Financer les dépenses liées à la conception de prototypes ou d’installations pilotes de produits nouveaux |
| Aides de Bpifrance | Obtenir des subventions, avances remboursables ou prêts pour financer l’innovation |
| Programmes européens | Financer des projets collaboratifs de recherche et d’innovation à l’échelle européenne |
| Concours et appels à projets | Soutenir les startups, PME et projets innovants via des dispositifs comme i-Lab, i-PhD ou i-Nov |
Le Crédit d’impôt recherche permet aux entreprises de déduire une partie de leurs dépenses de R&D de leur impôt sur les sociétés.
Le Crédit d’impôt innovation, complémentaire au CIR, cible plus particulièrement les dépenses liées à la conception de prototypes ou d’installations pilotes de produits nouveaux.
S’agissant de crédits d’impôt, le CIR et le CII constituent des créances sur l’État. Elles peuvent être imputées sur l’impôt ou faire l’objet d’un remboursement selon les conditions applicables.
Point d’attention : l’éligibilité au CIR ou au CII suppose de bien documenter les travaux réalisés, les incertitudes scientifiques ou techniques rencontrées, les dépenses engagées et les résultats obtenus.
Les aides de Bpifrance peuvent également soutenir la R&D, le développement de produits ou l’industrialisation. Parmi les dispositifs mobilisables figure notamment l’Aide pour le développement de l’innovation, également appelée ADI.
Les programmes européens, comme Horizon Europe, permettent quant à eux de financer des projets collaboratifs de recherche et d’innovation à l’échelle de l’Union européenne.
Enfin, certains concours d’innovation et appels à projets, tels que i-Lab, i-PhD ou i-Nov, soutiennent les startups, PME et projets innovants à fort potentiel.
N’y allez pas seul : l’équipe Adheo épaule votre projet
L’équipe d’ADHEO accompagne ses clients sur les plans fiscal, juridique et technique, dès les premières étapes de leur projet de recherche et d’innovation.
Elle intervient en amont pour sécuriser les démarches, structurer et organiser les partenariats, optimiser les dispositifs de financement comme le CIR ou le statut JEI, et veiller au respect des cadres réglementaires.
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