Les dernières statistiques publiées par OpinionWay pour Trustpair ont de quoi inquiéter : en 2023, 49 % des entreprises victimes d’une fraude l’ont été par une fraude au RIB. Les secteurs les plus touchés étant ceux des services, de l’industrie et du commerce. Un niveau de risque très élevé causé par différents types de fraudes au virement comme la fraude au faux fournisseur ou encore la célèbre fraude au président. Une bonne raison de rappeler leur fonctionnement.
La fraude au faux fournisseur
La fraude au faux fournisseur consiste pour le fraudeur à se faire passer pour un fournisseur de l’entreprise afin d’obtenir le paiement de factures émises par le véritable fournisseur.
Illustration : Alain travaille au service comptable d’un équipementier automobile. Un jour, il reçoit un courrier à en-tête d’un de ses fournisseurs l’informant d’un changement de coordonnées bancaires. Le courrier est signé par le directeur financier du fournisseur, M. Dumas, une personne qu’Alain connaît. Sans attendre, il modifie les coordonnées bancaires. Au cours des 6 mois suivants, Alain met en paiement trois factures pour un total de 700 000 €. Un jour, M. Dumas appelle Alain car il n’a pas été payé. Ensemble, ils découvrent la fraude.
Comment se protéger ?
En cas de demande de changement de coordonnées bancaires d’un fournisseur, notamment si le nouveau compte est à l’étranger, il faut :
– contacter directement le fournisseur en question sans utiliser les coordonnées présentées dans le courriel ou le courrier papier ;
– mettre en place un système de double validation pour tout changement de ce type.
Comment réagir ?
Si un virement vient d’être effectué, sans attendre, il faut :
– alerter sa banque pour bloquer le paiement ;
– saisir les autorités ;
– prévenir le fournisseur.
Renforcer le contrôle interne
La fraude au président
Très prisée des escrocs, la fraude au président consiste à se faire passer pour le dirigeant d’une entreprise afin d’obtenir le paiement d’une somme d’argent par le biais d’un virement.
Illustration : responsable administrative d’une PME spécialisée dans le mobilier professionnel, Mme X consulte ses courriels un jour de juillet 2015. L’un d’entre eux, estampillé « confidentiel », émane du président de l’entreprise et lui enjoint d’effectuer un virement urgent sur un compte étranger afin de mener à bien le rachat d’un concurrent asiatique. Plus tard dans la journée, un prétendu avocat l’appelle : « C’est une opération urgente. Vous ne voulez pas mettre en péril l’entreprise, n’est-ce pas ? ».
Pressée d’agir, Mme X ordonne alors un premier virement. Le gestionnaire du compte de l’entreprise à la banque s’en étonne et l’appelle. Elle le rassure et lui confirme l’opération. En tout, sept virements pour un montant total de 1,6 million d’euros seront réalisés avant que la fraude ne soit enfin découverte. Privée de trésorerie, cette entreprise des Deux-Sèvres employant 42 salariés a été placée en liquidation judiciaire en janvier 2016.
Comment se protéger ?
La fraude au président est un cas typique d’abus de confiance. Elle s’appuie sur la connaissance que les fraudeurs ont de l’entreprise cible, sur la mise en place d’un scénario crédible et sur leur capacité à contrôler psychologiquement la ou les personne(s) qui, malgré elle(s), va(vont) devenir leur(s) complice(s).
Pour limiter le risque de fraude au président, il est important :
– d’assurer la confidentialité des organigrammes (au minimum en extraire le nom et les coordonnées des responsables financiers et comptables) ;
– de limiter la communication de l’entreprise autour de ses partenariats et de ses grands projets ;
– de sensibiliser les salariés en leur présentant la mécanique de cette fraude ;
– de rappeler aux salariés qu’ils doivent systématiquement mettre en place une procédure de validation (par exemple, contacter directement le chef d’entreprise, un cadre, le Cabinet) quand la demande est insolite et/ou portée par un interlocuteur inconnu faisant preuve d’insistance (flatterie, intimidation) ;
– de mettre en place un protocole de double signature pour tous les virements dont le montant est supérieur à 1 000 €.
Comment réagir ?
Si le virement vient d’être effectué, il n’est peut-être pas trop tard. Les banques disposent, en effet, d’une possibilité de rappel des fonds durant les premières heures qui suivent l’ordre.
Sans attendre, il faut donc :
– alerter sa banque (y compris en dehors des heures d’ouverture, via leur numéro d’urgence) ;
– saisir les autorités (la police dispose de services spécialisés).



