Le coup de froid se prolonge sur le marché de la rénovation

L’activité d’entretien-rénovation a reculé de 3,3 % en volume sur un an au 2e trimestre 2026. Malgré des carnets de commandes qui se regarnissent légèrement, les professionnels n’entrevoient toujours pas de reprise.

Le ralentissement se prolonge pour les entreprises du bâtiment. Au 2e trimestre 2026, l’activité d’entretien-rénovation a reculé de 3,3 % en volume sur un an, selon le dernier bilan du GIE Réseau des CERC et de la Fédération française du bâtiment (FFB), publié mardi 1er septembre. Après un début d’année déjà difficile, le secteur ne montre toujours pas de signe de reprise.

Aucun segment n’est épargné. Dans le logement, l’activité se contracte de 3,1 %. Le recul est plus prononcé encore dans les locaux non résidentiels, où les volumes chutent de 3,7 %, après une baisse de 1,8 % au 1er trimestre.

La rénovation énergétique décroche davantage

C’est surtout du côté de la rénovation énergétique que les signaux virent au rouge. L’activité recule de 4,3 % en volume, soit un point de plus que l’ensemble de l’entretien-rénovation. Ce coup de frein finit par peser sur le moral des professionnels. Au 2e trimestre, 67 % des entreprises jugent leur situation économique bonne ou très bonne. C’est mieux que 3 mois plus tôt, mais moins qu’il y a un an, lorsque cette proportion atteignait 70 %, et très loin des 83 % enregistrés au 2e trimestre 2022. Le solde d’opinion s’établit à +34, nettement en dessous de sa tendance de longue période.

Les situations sont toutefois très contrastées selon les métiers. La charpente et la couverture restent les mieux orientées, avec des soldes d’opinion respectifs de +54 et +52. La menuiserie métallique et la serrurerie sont nettement plus à la peine (+10), tout comme la peinture-vitrerie et les revêtements de sols et murs (+22).

Les carnets de commandes résistent

Dans ce paysage morose, les carnets de commandes offrent un peu d’air. À la fin du 2e trimestre, ils représentent 13,9 semaines de travail en moyenne, contre 13,3 semaines 3 mois plus tôt. Ce regain de visibilité reste toutefois relatif : les carnets demeurent inférieurs de 0,7 semaine à leur niveau d’un an plus tôt.

Surtout, les écarts restent considérables. En Île-de-France, les entreprises ne disposent que de 10,3 semaines de commandes, contre 17,9 semaines en Bourgogne-Franche-Comté. Même contraste entre les métiers : charpentiers et couvreurs peuvent compter sur 22,3 semaines de travail, quand la menuiserie métallique et la serrurerie doivent se contenter de 8,8 semaines.

Toujours pas de reprise en vue

Ce léger mieux ne suffit pas à raviver l’optimisme. Pour le 3e trimestre, 14 % seulement des entreprises anticipent une hausse de leur facturation en entretien-rénovation, contre 30 % qui prévoient une baisse. La majorité, 56 %, s’attend à une activité stable. Le solde d’opinion reste donc nettement négatif, à -16.

Un métier tire néanmoins son épingle du jeu : l’installation d’équipements thermiques et de climatisation. C’est le seul à anticiper globalement une progression de l’activité, avec un solde d’opinion de +7. À l’autre bout du spectre, la peinture-vitrerie (-28), le gros œuvre (-24) et l’isolation (-23) affichent les perspectives les plus dégradées.

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