Le marché de l’immobilier ancien au bord de la rechute, alerte la FNAIM

Moins d’un an après les premiers signes de reprise, le marché de l’immobilier ancien retombe dans le rouge. La FNAIM revoit à la baisse ses prévisions pour 2026, pointant les conséquences de la crise au Moyen-Orient sur les projets d’achat des ménages.

La parenthèse aura été brève. Moins d’un an après avoir renoué avec la croissance, le marché de l’immobilier ancien replonge déjà, constate la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) lors de sa conférence de presse du 17 juin. En toile de fond, le conflit au Moyen-Orient ravive les inquiétudes sur l’inflation et les taux d’intérêt, freinant à nouveau les projets d’achat des ménages.

Le redressement semblait pourtant bien engagé. Après avoir atteint un point bas à 845 000 transactions fin 2024, le secteur avait rebondi en 2025. Le volume des ventes avait progressé de 13 %, pour atteindre 952 000 transactions à la fin de l’année. La détente du crédit, le retour progressif des acquéreurs et la stabilisation des prix laissaient alors espérer un rebond durable.

17 000 transactions perdues en 2 mois

Mais la dégradation du contexte international a rapidement rebattu les cartes. À fin avril 2026, le nombre de transactions sur 12 mois glissants est retombé à 941 000, contre un pic de 958 000 enregistré fin février. En seulement 2 mois, le marché a perdu 17 000 ventes. « Nous assistons à un véritable coup d’arrêt. Le marché avait retrouvé des couleurs grâce à la détente du crédit et au retour progressif des acquéreurs. Mais les incertitudes économiques, internationales et politiques sont venues casser cette dynamique », analyse Loïc Cantin, président de la FNAIM.

Face à ce retournement, l’organisation a revu ses prévisions à la baisse pour l’année 2026. Elle anticipe désormais entre 900 000 et 920 000 transactions dans l’ancien, soit un repli compris entre 3,4 % et 5,5 % sur un an.

Incertitudes sur le contexte géopolitique

L’évolution du marché dépend désormais largement de la situation géopolitique. L’accord conclu le 17 juin entre les États-Unis et l’Iran a apporté un premier signal d’apaisement, mais les professionnels restent prudents. Le protocole de paix attendu en Suisse a déjà été reporté et de nombreuses incertitudes demeurent. Pour la FNAIM, l’évolution du marché dans les prochains mois dépendra de la solidité et la pérennité de cet accord.

L’enjeu est notamment celui du crédit. Les professionnels espèrent qu’une stabilisation du contexte international permettra d’éviter une nouvelle remontée des taux, qui pèserait davantage encore sur la capacité d’emprunt des ménages. Les taux d’intérêt sont déjà passés de 3,05 % en juin 2025 à 3,25 % en mai 2026. « Quelques dizaines de points de base seulement, mais cela a suffi à stopper net le mouvement de reprise », souligne Loïc Cantin.

Stabilité des prix

Si les volumes ralentissent, les prix de l’immobilier semblent pour l’instant relativement stables. À l’échelle nationale, le prix moyen au mètre carré recule de seulement 0,1 % sur un an, à 2 994 €. Les appartements enregistrent même une hausse de 1,8 %, tandis que les maisons affichent un recul de 1,6 %. Cette apparente stabilité mérite toutefois d’être relativisée. « Quand on tient compte de l’inflation, la réalité est différente. Un prix stable dans un contexte d’inflation à 2,4 %, c’est en réalité une baisse de pouvoir d’achat immobilier », rappelle le président de la FNAIM. Pour ce dernier, cette évolution traduit une transformation plus profonde du marché. « Autrefois, l’évolution des prix de l’immobilier était largement décorrélée de l’inflation. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. L’inflation a rejoint l’indice des prix des logements et tend même à le dépasser », observe-t-il.

Le 2nd semestre s’annonce désormais décisif pour le secteur. Une stabilisation durable de l’environnement géopolitique et des taux d’intérêt pourrait permettre au marché de préserver une partie du rebond enregistré en 2025. À l’inverse, une nouvelle poussée inflationniste risquerait de dégrader durablement l’activité. « Le marché immobilier français a démontré sa capacité de rebond. Mais sans décisions fortes, la reprise observée en 2025 risque de n’avoir été qu’une parenthèse », prévient Loïc Cantin.

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