Entretien professionnel : le gouvernement lève les doutes sur les nouvelles règles

Les règles relatives à l’entretien professionnel ont récemment évolué, pour clarifier leur application, le ministère du Travail a publié un questions-réponses qui apporte plusieurs précisions importantes.

Périodicité des entretiens, nouvelles obligations pour l’employeur, entretien de mi-carrière ou encore abondement sanction du CPF : voici ce qu’il faut retenir des nouvelles règles.

 

Une nouvelle organisation des entretiens professionnels

La réforme modifie le rythme de l’entretien professionnel obligatoire dans l’entreprise.

Désormais :

  • l’entretien professionnel doit être organisé tous les 4 ans (au lieu de tous les 2 ans auparavant) ;
  • un bilan récapitulatif du parcours professionnel est réalisé tous les 8 ans, contre 6 ans auparavant.

Pour les salariés déjà engagés dans un cycle, le nouveau délai court à partir du même point de départ que l’ancien cycle.

Exemples :

  • Un entretien professionnel prévu en décembre 2025 peut désormais être organisé jusqu’en décembre 2027.
  • Un bilan des 6 ans qui devait être réalisé en 2026 devra finalement être organisé au plus tard en 2028.

En cas de transfert légal du contrat de travail, l’ancienneté du salarié est conservée. Le nouvel employeur reprend alors le cycle d’entretiens en cours.

Par ailleurs, l’entretien professionnel peut être réalisé en visioconférence, à condition qu’un document soit rédigé et remis au salarié.

 

De nouveaux entretiens obligatoires à des moments clés de la carrière

Depuis le 26 octobre 2025, l’employeur doit également organiser plusieurs entretiens professionnels spécifiques.

Ces entretiens doivent être réalisés :

  • dans la première année suivant l’embauche d’un salarié ;
  • dans les deux mois suivant la visite médicale de mi-carrière, qui intervient durant l’année civile des 45 ans du salarié ;
  • dans les deux ans précédant le 60e anniversaire du salarié pour préparer la fin de carrière.

Ces entretiens doivent être organisés aux dates prévues par la loi, même si un entretien ordinaire a eu lieu peu de temps auparavant.

 

Abondement sanction du CPF : des conditions cumulatives

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, un abondement sanction du Compte Personnel de Formation (CPF) est déclenché si, sur une période de 8 ans, le salarié :

  1. n’a pas bénéficié de tous ses entretiens professionnels obligatoires,
  2. et n’a suivi aucune formation non obligatoire.

Ces deux conditions sont cumulatives : un seul manquement ne suffit pas à déclencher la sanction.

Si l’entretien n’a pas pu être réalisé en raison de l’absence du salarié, le juge appréciera la situation au cas par cas.

À noter : l’abondement sanction concerne tous les types d’entretiens, y compris l’entretien de mi-carrière et l’entretien de fin de carrière.

Quelles formations sont considérées comme non obligatoires ?

Sont considérées comme formations obligatoires uniquement celles imposées par un texte légal ou réglementaire pour exercer une activité professionnelle.

En revanche, sont considérées comme formations non obligatoires toute formation imposée par l’employeur inscrite dans un plan de développement des compétences

Aucune durée minimale de formation n’est exigée.
La formation peut être réalisée à distance ou en situation de travail.

 

Ce qu’il faut retenir pour les employeurs

Pour les entreprises, il est essentiel de :

  • suivre le nouveau calendrier des entretiens,
  • anticiper les entretiens de mi-carrière et de fin de carrière,
  • et veiller à proposer au moins une formation non obligatoire sur la période de 8 ans afin d’éviter un abondement sanction du CPF.

 

Références :
Questions – Réponses – L’entretien    professionnel du ministère du Travail
https://travail-emploi.gouv.fr/sites/travail-emploi/files/2026-02/qr-entretien-professionnel.pdf
Publication : 13/03/2026

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